"Incompatibilité radicale" (F. Guizot)



"L'intervention européenne en Turquie est à la fois inévitable et vaine. Pour que les gouvernements et les peuples agissent efficacement les uns sur les autres par les conseils, les exemples, les rapports et les engagements diplomatiques, il faut qu'il y ait, entre eux, un certain degré d'analogie et de sympathie dans les mœurs, les idées, les sentiments, dans les grands traits et les grands courants de la civilisation et de la vie sociale. Il n'y a rien de semblable entre les chrétiens européens et les Turcs ; ils peuvent, par nécessité, par politique, vivre en paix à côté les uns des autres ; ils restent toujours étrangers les uns aux autres ; en cessant de se combattre, il n'en viennent pas à se comprendre. Les Turcs n’ont été en Europe que des conquérants destructeurs et stériles, incapables de s'assimiler les populations tombées sous leur joug, et également incapables de se laisser pénétrer et transformer par elle ou par leurs voisins. Combien de temps durera encore le spectacle de cette incompatibilité radicale qui ruine et dépeuple de si belles contrées, et condamne à tant de misère tant de millions d'hommes ? Nul ne peut le prévoir" (F. Guizot, Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps, chapitre XXXVII, 2227 ; Library of Alexandria).


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