"De mon oeuvre, rien ne restera" (H. de Montherlant)


"De mon oeuvre, rien ne restera, on y mettra trop de vigilance : mon nom sera martelé comme le nom de Malatesta sur les monuments de Pesaro ; comme l’armée de Pompée, les serpents effaceront la trace de mes pas. Tout est très bien ainsi. J’ai été un homme de plaisir d’abord, ensuite un créateur littéraire, et ensuite rien. Le plaisir est pris ; les oeuvres, c’est pour le faire plaisir aussi que je les faisais, et ce plaisir lui aussi est pris. C’est pour quoi tout est très bien ainsi.

J’oubliais ma vie éternelle. Si le Dieu des chrétiens est le bon, je suis bien tranquille" (H. de Montherlant : La Marée du soir ; Gallimard, 1972, p. 16).



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Admirable épitaphe composée par l’écrivain qui allait se donner la mort. Mais sous cette sérénité solennelle se cachait une âme tourmentée, en proie à l’insatisfaction comme chez tout un chacun. Chez Montherlant, le masque est beau comme l’antique. Mais l’homme est bien différent. On ne sait ce qui domine devant l’écart entre le personnage et l’homme : agacement devant l’imposture et le chiqué, ou pitié pour un être écartelé


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