Racine par Claudel


12 février 1934. - Assisté à Bérénice donné par le Théâtre-Français avec un ennui écrasant. Ce marivaudage sentimental, cette casuistique inépuisable sur l'amour, est ce que je déteste le plus dans la littérature française. Le tout dans un ron-ron élégant et gris, aussi éloigné de notre français vulgaire et gaillard que du turc et de l'abyssin. C’est distingué et assommant. On parle toujours de la fameuse mesure classique et racinienne, mais tirer 5 actes de cette anecdote, c'est tout de même trop. Le rouet inépuisable des phrases, des alexandrins et des dissertations. Tout se passe en faux départs et en assaut de sentiments nobles et artificiels développés dans l'abstrait. Penser qu'on donne Racine comme base de l'instruction littéraire de nos pauvres enfants ! C'est extravagant (P. Claudel : Journal, 1933-1955 ; Biblioth. de la Pléiade, 1969, p. 80-81).

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